Choquequirao – Machupicchu

« On y va à pied ? »

Visiter le Pérou implique, pour la plupart des gens, de visiter le Machupicchu. Nous n’avons pas fait exception sur ce point et avons prévu de le visiter.

Malheureusement, ce site exceptionnel est l’attraction touristique majeure du pays et l’assurance pour les voyageurs d’y laisser de nombreux dollars.

Les agences se battent pour vendre le pack qui garantira au touriste une expérience mémorable, mais bien peu se soucient vraiment de préserver le site… En moyenne, depuis Cusco on peu trouver des arrangements entre 200 et 500 dollars pour deux jours, une nuit.

C’est une vraie machine à faire du fric, comme on dit par chez nous, et nous nous sommes refusés à participer à ceci. Comment ? En y allant à pied pardi ! Et en profitant par la même occasion de visiter d’autres ruines, seulement accessibles à la force du mollet !

Le trek de Choquequirao

« Soyez prêts : physiquement, dans la tête et avec le bon matos ! »

Pour préparer les 8 jours d’aventures qui allaient nous attendre, nous avons pu compter sur internet et les nombreux blogs de voyage. En effet, les guides touristiques sur papier ne donnent pas d’informations sur ce trek. Un grand merci à ceux qui ont tracé la piste avant nous!

Malgré la difficulté annoncée du trek, nous l’avons fait en autonomie complète, c’est à dire que chacun de nous a tout porté sur son dos. Mais pourquoi ? Premièrement pour des raisons économiques, c’est beaucoup moins cher. Deuxièmement, engager des muletiers et leur bêtes implique souvent de passer par une agence et donc de voir l’argent profiter à d’autres. Et enfin, mais pas des moindres, nous avons vu les bêtes sur ces chemins : souvent surchargées, sans aires pour se reposer à l’ombre, mal nourries pour les rendre plus dociles, etc. Nous refusons catégoriquement de participer à ce business malsain.

Mais alors, qu’est ce qu’on avait dans nos sacs ? Oh le strict minimum… Soit environ 15kg pour Claudio et 12kg pour Melanie (avec toute l’eau):

Dodo :

  • 1 tente 3 places
  • 2 sacs de couchage -5°C
  • 2 matelas de sol gonflables
  • 2 coussins gonflables
  • 2 sacs à viande en soie

Manger et boire :

  • 1 filtre à eau
  • des comprimés Micropur
  • bouteilles en PET (5 litres au total)
  • 1 set cuisson (2 casseroles, 2 gamelles, 2 tasses, services)
  • 1 brûleur à essence
  • 1 litre essence blanche
  • 1 éponge
  • 8 boîtes de thon à 225 g
  • 500g de quinoa
  • 250g de pâtes
  • 2 sachets de nouilles instantanées
  • 500g de mélange avoine, maca, sucre, chocolat, lait en poudre, fruits secs
  • 100g de fruits secs
  • 100g de cookies
  • 6 barres énergétiques de quiwicha
  • sachets de thé, épices, sel, mayonnaise
  • 100g de fromage
  • 15 petits pains
  • 1 oignon

Vêtements (par personne) :

  • 1 polaire
  • 1 doudounes en plumes
  • 1 vestes gore-tex
  • 1 pantalons de marche convertissables en short
  • 1 bas de training /legging pour dormir
  • 1 pull léger longue manche en mérino
  • 2 t-shirts
  • 2 paires de chaussettes
  • 3 culottes / slips
  • 1 linge microfibre
  • 1 maillot de bain
  • 1 bonnet
  • 1 paire de gants
  • 1 casquette
  • 1 foulard technique
  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 paire de chaussures de randonnée (basse)

Toilette :

  • 1 crème solaire
  • 1 anti-moustique
  • brosse à dent et dentifrice
  • 1 déodorant
  • 1 mini-crème de jour
  • 1 savon

Secours :

  • 1 couverture de secours
  • anti-douleurs, anti inflammatoires, thermomètre
  • pansements, bande, désinfectant
  • 1 baume du tigre, pommade anti inflammatoire
  • 1 spray nasal et mouchoirs
  • boules quiès

Matériel :

  • 1 couteau suisse
  • 1 briquet, 1 boîte allumettes
  • 1 cordelette
  • 1 boussole, sifflet, thermomètre
  • 1 lampe de poche dynamo
  • 1 lampe frontale
  • 1 carnet et stylo
  • 1 appareil photo
  • 2 iPhones
  • 2 chargeurs de secours

Voilà. On a tout ? On est prêt ? Allons-y…

Jour 1

Cusco – Cachora – Camping de Santa Rosa

D- 1300 m, D+ 565 m, 12 km

 « Compagnie de bus de merde et collectivo connard »

Il est 4h30, réveil à Cusco, nous partons de bonne humeur vers la station de bus. Nous marchons déjà aujourd’hui ! Il ne faut pas traîner, la nuit tombe à 18h et nous avons quelques kilomètres devant nous… Au terminal, nous achetons notre billet pour Abancay (nous devons sortir peu avant), le bus doit partir à 6h. A 6h, rien, pas de bus, pas d’info. A 6h30 un bus, mais pas d’autorisation de rouler. A 7h, on part, un peu tendus car on se prend une heure dans le nez à cause de je-ne-sais quoi.

Quatre heures plus tard, nous descendons au bord de la route. Nous devons prendre un taxi, ou colectivo, pour Cachora et le début du sentier qui ne sont pas desservis par les bus. Nous ne sommes que les deux et montons dans un taxi. Nous savons que le prix de la course est de 50 soles, le connard de chauffeur, lui, sait que nous devons aller au début du sentier. La négociation est âpre et tendue. A 65 soles nous abdiquons, nous sommes en retard, il l’a bien compris. On ne peut pas dire que cette journée débute de la meilleure manière, mais il en faudra plus que ça pour nous décourager.

C'est par làààààà!
C’est par làààààà!

A midi, nous arrivons au début du sentier, il fait grand beau, le panorama est exceptionnel ! Les sommets enneigés nous font face, et nous attaquons la grande descente, annoncée comme difficile. Nous chantonnons, étonnés que le chemin soit si praticable, nous plaisantons, quelle belle journée !

Quel panorama au début du chemin!
Quel panorama au début du chemin!

Arrivés au premier tiers de la descente, il commence à faire vraiment chaud, le soleil tape fort et pas d’ombre à l’horizon. La pente est raide et commence à devenir bien rocailleuse. Les cuisses et les genoux chauffent, la fatigue commence à poindre. Aux deux tiers, un camping ! Petite pause à l’ombre, passage de la tête sous l’eau, achat d’un coca pour faire le plein de sucre… On doit vite repartir, on a encore du chemin ! Le dernier tiers de la descente est une torture, que de la caillasse, une pente très raide un soleil de plomb et Mélanie qui plie son bâton de rage. En bas de la descente, le Rio Apurimac et un camping nous encouragent à nous arrêter. Il est 16h mais nous devons remonter 500m jusqu’au camping suivant pour alléger un peu la journée du lendemain.

Oui il faut remonter de l'autre côté.
Oui il faut remonter de l’autre côté.

Nous sommes crevés, la pente avoisine les 25°, le tout se fait au mental. Il fait presque nuit quand nous arrivons, mais la mamita du camping peut nous préparer à manger. Le temps de monter la tente, pomper de l’eau et nous nous jetons sur la platée de riz, patate et morceau de poulet. On s’endort à moitié sur notre partie de cartes. Il est temps d’aller dormir, il est 20h30.

Jour 2

Camping de Santa Rosa – Camping de Choquequirao – Visite ruines du bas (non compté)

D+ 815 m, D- 300 m, 10 km

« Sandflies, sandflies… Like the morning in your eyes…»

Réveil à 6h après un sommeil de plomb… Il fait beaucoup moins froid que sur le trek de Santa Cruz et c’est bien agréable ! Après l’éternel déjeuner bouillie d’avoine et un thé, nous voilà repartis pour la suite de la montée d’hier. Heureusement, cette fois on est sur le versant Sud et il y a de l’ombre (on est dans l’hémisphère Sud). La montée se passe gentiment et on commence à faire plus ample connaissance avec ces saloperies de sandflies. C’est simple, on dirait des moucherons inoffensifs, mais en fait ce sont des vampires diurnes, dont les piqûres démangent atrocement pendant quelques jours. Généralement ils se déplacent en nuées, entre 10cm et 2m du sol, ignorent le répulsif appliqué plus d’une heure auparavant et sont actifs du lever au coucher du soleil. De vrais copains, qui peuvent te faire péter un câble en deux minutes.

Le panneau en acier Corten, trop la classe
Le panneau en acier Corten, trop la classe

Arrivés au village de Marampata au sommet, nous continuons notre chemin après avoir discuté cinq minutes avec un paysan du coin, super sympa. Arrivés au contrôle pour l’accès des ruines, nous nous allégeons du prix de de l’entrée du site à 38 soles 55 soles par personne pour un billet valable 24 heures !! Alors que tous les guides mentionnent l’entrée à 38 soles, le gouvernement a soi-disant augmenté l’entrée au premier janvier 2016. Est-ce vrai ? Impossible de le savoir, le prix est tamponné sur le billet et non imprimé. Les infrastructures sur le site sont inexistantes, le camping se résume à une douche et deux toilettes par genre. Aucun guide sur le site ne peut être engagé pour une visite et aucune information n’est disponible mis à part le nom des différentes ruines. Nous sommes dégoûtés. Ici encore, le touriste est un porte-monnaie ambulant. C’est rageant mais nous ne pouvons rien faire ! Impossible de contourner le contrôle, nous payons et passons.

Vue sur les ruines du bas
Vue sur les ruines du bas

Au camping, nous plantons notre tente, dînons et partons à la découverte des ruines du bas (200m plus bas quand même), principalement des terrasses. Le site est gigantesque, et seulement 60% des ruines seraient découvertes. Nous sommes absolument seuls en bas et crapahutons pendant une heure. Bon, la fatigue de la veille n’aidant pas, nous n’avons pas le courage de visiter tous les recoins, nous remontons vers la fin de l’après-midi et décidons de nous faire un bon repas pour récupérer (farfalle du chalet).

Ils avaient une belle vue à l'époque
Ils avaient une belle vue à l’époque
Y'avait pas de bière...
Y’avait pas de bière…

Bien rassasiés et malgré une pompe à essence un peu récalcitrante, nous nous endormons en nous réjouissant de la visite des ruines du haut pour le lendemain.

Jour 3

Camping de Choquequirao – Visite ruines du haut (non compté) – Ruines de Pincha Unyoc

D+ 350 m, D- 760 m, 6 km

« Quand ça merde, tout merde… Mais quand on est au fond, y’a plus qu’à remonter.»

Réveil à 6h, rangement du matériel et préparation du petit-déj… ah non. La pompe à essence ne pompe pas d’essence, impossible de chauffer de l’eau. On démonte, on remonte le truc, on nettoie. On se perd en conjectures, on ne pige pas, on s’énerve et le manuel n’aide pas. Bref, plus de feu. Bon allez, on réparera ça ce soir. Melanie va récupérer la lessive faite hier et croise un cuisinier d’un groupe qui lui dit que, si jamais au camping de Maizal, il pourra nous chauffer de l’eau. C’est gentil mais on ne va pas aussi loin, nous, aujourd’hui, on visite d’abord les ruines. De retour vers Claudio, on prend les sacs et on s’en va il a vidé son sac à dos et le regarde, dépité. La bouteille d’essence, mal bouchonnée, s’est vidée dans le sac, sur le matelas, le sac de couchage, mais heureusement pas sur la nourriture.  Cette fois, plus du tout de feu, même si on répare la pompe. Le moral est dans les chaussettes qui puent… Melanie essaie de réconforter Claudio : c’est pas grave, de toute façon la pompe ne marche plus, on fera un feu. Rapide calcul, on a assez de thon et de pain pour trois jours, même si on ne peut pas faire de feu (et manger de quinoa). Trois jours c’est le temps qu’on a prévu pour rejoindre Yanama, village où on pourra acheter à manger. A 8h on se met en route, le soleil tape fort, on doit porter nos sacs pour la visite d’une bonne partie des ruines.

Maison du prêtre (pas mal la vue!)
Maison du prêtre (pas mal la vue!)

Sans déjeuner correct (quelques biscuits et quelques noix) c’est dur. On fait une pause évaporation d’essence et on mange la moitié du dîner (sandwich au thon). Le site est vraiment grand et il n’y a presque personne, on visite tout mais on n’a pas le courage de descendre jusqu’aux terrasses des llamas 300m plus bas (des terasses avec des dessins de lamas en pierres blanches incrustées dans les murs).

Les ruines du haut
Les ruines du haut
Rustico inca
Rustico inca

Après la visite, vers 11h, une fois le chemin vers le col trouvé (pas évident), on remonte gentiment. Le moral de Claudio se rétablit un peu, même si la montée est, et ça devient une habitude, raide (mais plus ou moins à l’ombre).

Visiblement c'est pas par là
Visiblement c’est pas par là

Une fois au col, nous avons une vue panoramique sur ce qui va nous attendre le lendemain : un zigzag immense qui s’apparente plus à de la grimpe qu’à de la marche. Le tout est au soleil et là bas, tout au fond de la vallée coule une autre rivière où nous devons redescendre…

Un tiers de la montée du lendemain
Un tiers de la montée du lendemain

Une pause dîner, au soleil, plus tard, nous entamons la descente vers les ruines Pinchaunuyoc. La chaleur est étouffante, la poussière, la pente et les cailloux viennent à bout du moral de Melanie. Il n’y a pas d’eau depuis le camping de Choquequirao mais nous avons lu qu’aux ruines il y en avait. On espère ne pas devoir descendre jusqu’à la rivière aujourd’hui… Sans feu et avec peu d’eau, on ne fait pas les malins, d’autant plus que le groupe de ce matin va plus loin. Nous sommes donc seuls.

Ruines personnelles
Ruines personnelles

Après une descente qui nous a paru interminable, nous arrivons aux ruines en terrasses. Le système d’irrigation fonctionne ! Et il y a même un coin pour faire un feu une cheminée ! La courbe du moral remonte immédiatement ! Il est 14h, la journée est finie, on peut se poser et souffler un peu, même se doucher et bronzer au soleil se faire bouffer par les sandflies. Nous sommes absolument seuls, les ruines sont pour nous… Le soir c’est feu à volonté, on fait du thé, beaucoup de thé, on mange du quinoa, on fait même une raclette avec notre fromage ! Et on peut même préparer le déjeuner du lendemain (qui sera froid mais bon…) On a envie de regarder les étoiles plus longtemps, on s’endormira repus et heureux ce soir, dans notre petit coin de paradis.

Pendant ce temps, au paradis...
Pendant ce temps, au paradis…

Jour 4

Ruines de Pinchaunuyoc – Camping de Maizal

D- 480 m, D+ 1160 m, 6 km

« C’est bien pour ça qu’on a pas fait Choquequirao – Maizal directement.»

Réveil à 6h00, ça devient une habitude. Un peu de nostalgie en pliant le camp, on n’a pas vraiment envie de repartir de notre paradis. Mais pas le choix, si on veut un peu d’ombre, autant se bouger les fesses ! La descente est moins pentue que la veille (ou bien c’est le moral qui va mieux ?), mais le zigzag d’en face nous rappelle sans arrêt ce à quoi on ne va pas échapper. Arrivés à la rivière, pas de transition, ça monte tout de suite, au soleil en plus. La pente est indécente, souvent il faut se tirer avec les deux bâtons et zigzaguer sur le chemin pour ménager un peu les mollets. Pauses snack et eau toutes les demi heures… Les derniers 200m sont affreux, il est midi et la chaleur est à son comble. Lorsque nous arrivons, le camping est fermé, personne en vue. Nous ne trouvons pas l’eau tout de suite, il y a des crottes de mules partout et la place est infestée de sandflies ! Mais il est hors de question de continuer plus haut, le prochain camping est à 10 km avec un col à 4150m, nous nous contenterons de cet emplacement. Finalement, on trouve l’eau et une place propre. Et même quelques pommes abandonnées (mais tout à fait comestibles) par le groupe de la veille. S’en suivent une pause dîner et le montage de la moustiquaire pour se mettre à l’abri des vampires.

Moustiquaire avec vue
Moustiquaire avec vue

Une petite sieste plus tard, quelques gouttes commencent à tomber ! Vite on plie les affaires, on met la deuxième couche à la tente ! Heureusement le nuage se résorbe et nous pouvons nous attaquer à l’objectif du soir, faire un feu. L’endroit est moins idéal et le bois est humide, mais finalement le feu prend et on peu à nouveau cuisiner, ouf ! Soupe de nouilles, thé et quinoa aux pommes pour le lendemain matin.

J'ai créé le feu!
J’ai créé le feu!

L’heure est venue de gonfler les matelas, et « pop ! » une séparation de boudin du matelas à Melanie saute. Elle se retrouve avec un matelas à bosse ce qui fait bien rire Claudio mais absolument pas Melanie. Autant dire que la nuit s’annonce bonne…

Jour 5

Camping de Maizal – Col de Victoria – Yanama – Santa Teresa

D+ 1200 m, D- 600 m, 10 km + 70 km

«C’est loin Santa Teresa en fait ?»

Après une nuit mitigée, un réveil humide de rosée et un petit déjeuner froid mais savoureux, top départ pour le col de Victoria à 4150m. Le soleil est déjà là, mais sur ce versant, l’humidité est plus présente et la flore ressemble à une jungle (normal quoi, on est à plus de 3000m).

Réveil humide
Réveil humide

Le sentier est moins pentu que la veille, ou disons qu’il monte et qu’il descend tout le temps, c’est un peu plus varié… Peu après le départ nous nous retrouvons face à cornes avec une famille de bovins affamés ; soit un taureau, un vache et son veau et une autre vache. Pas moyen de les éviter et nous préférons ne pas forcer le passage (ce serait quand même un peu con de finir encornés). Nous devons donc nous enraciner un quart d’heure au bord du chemin que ces chères bestioles soient repues et daignent descendre plus bas. La suite du chemin est charmante, la végétation est luxuriante, il y a des colibris partout ! Tout se passe bien jusqu’aux fameuses marches. Les Incas aimaient bien faire des marches sur leur chemins, on sais pas trop pourquoi, peut-être que c’est meilleur pour la santé… Donc, ces marches sont ajustées selon la formule de Rondelet à la hauteur des genoux, autant vous dire que les « court sur pattes » sont ravis (n’est-ce pas Melanie?). Ca monte, ça monte comme la petite bébête, la végétation change (on dirait la Suisse), on croises des mines qu’on pense abandonnées, l’altitude commence à se faire ressentir (c’est fou comme on se déshabitue vite) mais finalement on atteint le col à midi. Spectacle grandiose, une vue panoramique sur les vallées alentours et il y a même un cabane où négocier une bouteille de coca pour accompagner le sandwich de midi.

4150 mètres et des palmiers-cactus...
4150 mètres et des palmiers-cactus…

La descente (un peu vertigineuse par endroits) est agréable, il y a des fleurs partout et du sable brillant par terre. D’autres trous de mines plus ou moins fermés sont visibles et on se demande bien quel genre de trésors doit se cacher à l’intérieur…

Un poil vertigineux
Un poil vertigineux

Le village de Yanama est en vue et c’est alors que nous descendons les derniers mètres que nous croisons deux péruviens qui nous tapent la conversation. Après les formalités d’usage (« de donde son ? »), ils nous racontent qu’ils sont allés dans les mines et nous montrent le minerai trouvé : de l’argent ! (ohhhh ça brille !) Apparemment des investisseurs veulent rouvrir les mines et ils font des sondages pour voir si il reste quelque chose. Un des péruviens nous donne même un bout de minerai en souvenir à rapporter en Suisse, trop sympa ! Ensuite, on s’enquiert des différents campings, il se trouve que l’un d’eux appartient à la famille d’un mineur, nous décidons de nous y rendre. Avant de partir, ils nous informent qu’un pick-up part le soir même à destination de Cusco et qu’il pourrait nous pousser un peu plus loin. Nous accueillons cette nouvelle avec plaisir ! Il est vrai que la suite du chemin s’annonce beaucoup moins sauvage et nous commençons à être fatigués du trek.

Nous arrivons au camping, il est 14h… Le temps pour nous d’ouvrir la tente et de la faire sécher, de faire un peu d’eau potable et d’acheter un litre de bière ! Ben oui, on l’aura méritée celle-là !

Plus que méritée!
Plus que méritée!

Pendant que nous la savourons, un homme s’approche de nous et nous entamons la discussion, en anglais cette-fois. Il se trouve que ce péruvien, Arturo (qui doit être un de ces investisseurs), a travaillé au Canada et a beaucoup voyagé. Nous parlons de tout et à la fin, il nous propose de nous amener à Santa Teresa (village proche d’Aguas Calientes et donc du Machupicchu) gratuitement en pick-up. Bon à l’arrière du pick-up, car celui-ci est plein. Ce n’était pas du tout dans nos plans, mais nous acceptons volontiers, ce n’est pas tous les jours, au Pérou, qu’on nous propose un transport gratuit !

Vers 17h nous mangeons au camping, avec tous les mineurs redescendus. Le riz-patates-frites-œuf au plat n’aura jamais été si savoureux ! A 18h, départ ! Nous nous retrouvons à cinq à l’arrière du pick-up. A défaut de confort, au moins on aura de la proximité… Difficile de faire plus local comme transport ! Heureusement une personne descend au bout de 15 minutes de route, et nous ne sommes plus que quatre, pour 3 heures de rallye sur des pistes en sable avec passage d’un col à 4680m. Comment décrire le voyage ? Le mineur qui nous accompagne se couche et s’endort, la jeune péruvienne a le mal du transport et doit vomir quelque fois, Claudio est plus ou moins plié-assis à l’abri du vent et Melanie est assise tout à l’arrière pour profiter de l’air (frais) et ne pas vomir. Dans ces conditions, la notion du temps est abstraite et lorsque nous arrivons enfin à Santa Teresa, c’est un peu comme si on sortait d’un rêve profond. On est debout au bord de la route sans trop savoir comment on est arrivés là. Et dire que le matin même on se réveillait seuls au milieu de nulle part…

Le temps de trouver une chambre et nous nous couchons, dans un lit cette fois.

Jour 6

Santa Teresa – Bains de Santa Teresa – Santa Teresa

Journée de pause, 6 km quand même

«Ahhhhhhhhh…. »

La veille au soir, avant de s’endormir, nous avons vu un panneau vantant les mérites des bains chauds naturels du village. Entre la perspective de se lever à 6h et de marcher jusqu’à Aguas Calientes et celle d’une journée de pause, le choix a été vite fait, d’autant plus que grâce au trajet de la veille, nous avons gagné deux jours sur notre itinéraire.

Blub, blub, blub...
Blub, blub, blub…

C’est donc après un passage obligé au mercado central pour boire un jus et déjeuner une bonne assiette bien consistante que nous marchons jusqu’au thermes. Quatre jolis bassins en plein air à des températures différentes (mais chauds), presque personne à l’horizon, des chaises longues et un soleil radieux. Autant vous dire que c’était la première journée depuis le début du voyage où nous avons volontairement rien glandé fait. C’est absolument tout mous et avec quelques piqûres de sandflies en plus (forcément) que nous nous sommes couchés ce soir-là. Le lendemain, cap sur Aguas Calientes, le camp de base pour monter au Machupicchu !

Jour 7

Santa Teresa – Hydroelectrica – Aguas Calientes – Machupicchu – Aguas Calientes

D+ 700 m, D- 400 m, 20 km et beaucoup de marches…

« Il est joli le train, hein ? »

Debout à 6h (ah, ça nous avait manqué), on va quand même aller boire un jus de fruits au marché avant de prendre la route. Depuis Santa Teresa, il faut compter 17 km jusqu’à Aguas Calientes. Sur le chemin nous croisons des colectivos qui nous hèlent pour nous proposer de nous amener à Hydroelectrica pour 5 soles/personne. Une aubaine, on s’économiserait ainsi 7 km de marche et on gagnerait du temps. On prend donc un colectivo, au nez et à la barbe des taxis qui nous assuraient qu’en dessous de 30 Soles, pas moyen de se rendre là-bas.

Hydroelectrica et son train trop cher
Hydroelectrica et son train trop cher

Hydroelectrica est une station de train, le dernier point pour arriver en véhicule près du Machupicchu. Après c’est soit le train (20USD pour les étrangers – 5 soles pour les péruviens), soit marcher le long des rails sur 11 km pour atteindre Aguas Calientes. Nous avons bien évidemment marché, et nous conseillons à tout le monde de le faire : la balade est plate très jolie et vous ne participerez pas à la mafia du rail en payant 25 fois plus qu’un péruvien.

Jolie promenade
Jolie promenade

A 10h, nous sommes donc déjà à Aguas Calientes (passage obligé pour chaque personne visitant le Machupicchu) avec ses restaurants pour touristes et son rail qui traverse la ville (le seul truc rigolo).

La rue principale
La rue principale

Première étape, aller acheter le billet d’entrée pour le Machupicchu. Quoi ? On n’avait pas de billet ? Eh ben non, et malgré tout ce qu’on peut entendre ou lire dans les guides, aucun problème pour acheter son entrée sur place pour le jour même ou le lendemain. Simplement, le billet sera post-daté. Nous avons donc eu une entrée pour le 25 juillet alors que nous étions le 19. Et nous sommes allés visiter le 19. Aucun problème !

La preuve: daté du 25, tamponné le 19
La preuve: daté du 25, tamponné le 19

Info : Le nombre de visiteurs journalier au Machupicchu est officiellement limité à 2500 personnes. Evidemment en haute saison il y a beaucoup plus de monde sur le site, c’est pour ça que les billets sont postdatés. En basse saison il y a moins de monde et hop, le bilan annuel pour l’Unesco est tenu. On ne dépasse pas 2500 visiteurs par jour… Attention, par contre pour le billet combiné de la visite du Machupicchu et du Waynapicchu ou de Montañita, là il faut réserver à l’avance car le quota de touristes est limité pour des raisons de sécurité.

Après la déconcertante facilité de l’achet du billet, nous partons à la recherche d’une chambre. Il faut savoir que les touristes restent en moyenne une nuit et la qualité du service à Aguas Calientes n’en est pas une. La plupart des établissements n’en n’ont strictement rien à faire et nous nous sommes fait remballer plusieurs fois sans même avoir pu demander une chambre. Finalement on a trouvé une chambre dans un hospedaje sympa ou nous avons laissé nos affaires.

Comme la perspective de se lever le lendemain vers 3h30 pour faire la course à l’entrée du Machupicchu pour voir le lever du jour et avoir LA photo du site sans personne comme sur google ne nous motivait pas plus que ça, nous avons décidé de continuer sur notre lancée et de faire la visite l’après-midi même. Après une pause dîner au mercado (le seul endroit pour manger bien et pas cher) nous prenons la direction du sentier pour accéder au site. On avale tranquillement les 400m de dénivelé en 43 minutes, avec pauses photos. Faut dire qu’on commence à être bien entraînés…

Vue depuis le chemin qui monte
Vue depuis le chemin qui monte

Info : le bus coûte 12USD pour monter au site (et autant pour descendre), mais il y a des marches un chemin relativement ombragé pour y accéder.

Une fois là haut, on entre et on monte tout de suite au point de vue qui domine le site, et là, on peut dire ce que l’on veut, mais quand-même, c’est superbe ! Les ruines sont immenses mais c’est surtout le site qui est exceptionnel ! Tout en haut de la montagne (Waynapicchu) qui domine les ruines, il y a même des terrasses qui ont été construites !

Comme un air de déjà vu...
Comme un air de déjà vu…

Il est 13h et le site est bondé, nous prenons donc la direction de la porte du soleil (Inti Punku) pour un point de vue plus lointain. Il fait très chaud et il nous reste peu d’eau. Nous devrons ressortir du site plus tard pour pouvoir acheter deux petites bouteilles dans l’unique point de vente, pour la modique somme de 16 Soles. C’est la seule concession que nous aurons faite à la machine à touristes…

Info : prévoyez beaucoup d’eau et sachez qu’il est officiellement interdit de manger sur le site.

Vue sur la carrière
Vue sur la carrière

Vers le milieu de l’après-midi nous commençons tranquillement la visite du site, en écoutant par-ci par là les visites guidées. Il y a déjà beaucoup moins de touristes et la lumière est plus belle. Finalement nous restons jusque vers 17 heures avant de redescendre par le même chemin, fatigués mais heureux.

Le site est grandiose
Le site est grandiose
Assez précis les gars!
Assez précis les gars!
Porte-à-faux
Porte-à-faux

Ce soir-là, nous buvons de la bière chez Christophe, tenancier français du B&B Panorama et mangerons une pizza (bonne !) dans un restaurant garanti sans touristes (conseillé par Christophe). C’est d’un sommeil de plomb sur une literie ma foi très confortable que nous passons notre unique nuit à Aguas Calientes.

Jour 8

Aguas Calientes – Cusco

D- 300 m, 11 km et 215 km

Réveil, vers 8h cette fois, et petit déjeuner croissant et pain au chocolat dans une boulangerie française (oui le tourisme a parfois du bon).

Des vrais croissants
Des vrais croissants

Nous repassons dire au revoir à Christophe qui nous offre un café pour la route et prenons le chemin des rails, pour arriver à Hydroelectrica vers midi.De là-bas, une dizaine de combis attendent de se remplir, tous proposent la course vers Cusco pour 40 soles. Et nous voilà partis pour 5 heures de trajet avec un changement à Santa Maria. La route Santa Teresa – Santa Maria est magnifique mais absolument vertigineuse. Voilà un trajet que nos parents n’auraient pas approuvé…

De retour à Cusco, nous pouvons enfin changer d’habits et nous reposer, après ces huit jours mémorables, entre montagne et jungle, soleil et poussière, solitude absolue et cohue touristique. C’était comme dans un rêve, long et court à la foi, intense et pourtant déjà envolé…

En rail vers de nouvelles aventures!
En rail vers de nouvelles aventures!

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4 Comments

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  1. Coucou mes chéris quelle belles aventures vous vivez dans ces merveilleux paysages! je vous embrasse bien fort ,Maman evelyne

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  2. Complimenti. Siete veramente bravi e degli ottimi organizzatori.

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  3. Quel plaisir de vous lire et de voir que vous allez bien. Au Pont-Muré, tout se passe bien également et nous pensons à vous régulièrement. Nous vous souhaitons une belle suite de voyage.

    David & Bruna

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    • Bonjour les amoureux!
      Ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles! On espère que vous pouvez profiter de la terrasse et de vos vacances… On pense bien à vous également et on espère que vous vous plaisez toujours bien!
      A bientôt!
      Melanie et Claudio

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