El Nido

« Do you have a first aid kit ?»

Nous faisons le trajet depuis Port Barton toujours en compagnie de Gion et Massimo, bien entendu, mais également de Valeria et Tiziano, deux italiens avec lesquels nous avions sympathisé lors de la sortie snorkeling la veille.

Débarqués sans réservation alors que tout le monde nous a averti que c’est la haute saison et que ça allait être plein, nous trouvons vite deux chambres convenables pour trop cher. Nous décidons ensuite d’aller boire une bière sur la plage, ou plutôt ce qu’il en reste… Tout le long il y a des constructions et avec la marée haute, l’eau arrive presque jusqu’à elles! Heureusement nous ne sommes pas là pour la plage d’El Nido, mais pour découvrir le fameux archipel de Bacuit, réputé un des plus beaux.

Ca envoie!

C’est après avoir retrouvé Charline et Alex (les Charlex’s), que nous n’avions plus vu depuis le début de notre tour du monde en Equateur, (trop cool de les revoir!) que nous allons réserver un tour en bateau de deux jours avec repas et matériel compris, nuit de camping sur une île sauvage, feu de camp et rhum coca à volonté (ce qui nous a convaincu) pour le lendemain. Ca fait rêver, non? C’est donc au taquet que nous allons à l’agence le matin à 8h30. Ils nous avaient promis une barque de max 15 personnes, ce qui est super vu que nous occupons plus de la moitié des places à nous tous seuls (Charline & Alex, Valeria & Tiziano, Gion, Mamo et nous deux, huit donc si vous savez compter).

Une fois à la plage, nous ne croyons pas à nos yeux! Des dizaines (voir plus) de bateaux dans la baie qui chargent les centaines de touristes par groupe. On ne voit presque plus la plage tellement il y a du monde! De plus il faut s’immerger presque jusqu’à la tête pour arriver au bateau (il y a bien sûr des vendeurs de sacs étanches sur la plage…).

Là, on est plus tout à fait 8
Quel sera le nôtre?

Après une heure et demie d’attente à regarder les autres monter et puis disparaître derrière la falaise une fois à bord, c’est enfin notre tour. Surprise (ou presque), nous sommes 27 sur notre barque! Les connards! Muni de nos gilets de sauvetage, si on peut les appeler ainsi vu leur état, nous nous dirigeons vers le premier spot, qui est splendide en soi avec des rochers taillés par le vent et une eau des plus turquoises. Mais, avec tous les bateaux entassés là-bas, ça perd un peu beaucoup de son charme (disons-le, nous sommes tous dégoûtés!). En plus, le « guide » conseille de ne pas se baigner à cause des méduses. Il est bien entendu possible de prendre un kayak… pas compris dans le forfait. Non, mais tu rêves?!

C’est par où?

Melanie et Alex, les plus courageux, se jettent à l’eau et commencent à zigzaguer entre les bateaux (et les kayaks) pour rejoindre le small lagoon. Vu l’absence de cris à cause des méduses (inexistantes), les autres sauf nos amis italiens et Charline qui n’a pas envie de faire trempette dans l’essence, (on la comprend !) font de même. Arrivés au small lagoon, l’endroit est très beau et il n’y a « que » les kayaks des touristes. Bon, espérons que par la suite les bateaux se diluent un peu dans ce grand archipel, caractérisé par de nombreuses formations karstiques, qui rappellent un peu la Halong Bay au Vietnam.

C’est beau sans personne
Membre de l’équipage avec clope

Et en effet, arrivés à la big lagoon, il y a nettement moins de monde. Et c’est fabuleux! Avec les différentes profondeurs de l’eau, ça donne toute une palette de turquoise. Après une petite promenade, nous arrivons dans la lagune et nageons pendant un bon moment dans ce cadre hors du commun, avant de revenir à notre embarcation pour le repas de midi. Le buffet est très beau et bon, avec poisson (oui, un seul), fruits de mer, viande, riz et fruits frais. Seul problème, ça à l’air un peu juste au niveau des quantités, donc tout le monde se jette dessus comme il peut, Finalement tout le monde aura mangé, sauf les végétariens du groupe qui n’ont eu que du riz et trois bouts de concombres. Ben oui l’organisation ne prévoit pas ce genre de régime…

Entrée du big lagoon
Baie d’Halong?

L’après-midi nous avons droit au premier vrai spot snorkeling, avec des coraux colorés et aux formes les plus improbables dans une eau transparente. Seul bémol, il n’y a pas beaucoup de poissons. Puis nous visitons encore une belle plage, mais celle-ci est à nouveau bondée…

Vers le soir, le vent se lève et la traversée de la baie est quelque peu mouvementée. Pas besoin de préciser que nous étions tous trempés, giflés par les jets d’eau nous arrivant dessus chaque 30 secondes! Nous sommes donc contents d’arriver à destination sur la belle plage au sable blanc et bordée de cocotiers ou sont installées nos tentes. Le cadre est vraiment beau et il y a suffisamment de place, même en étant 27. Nous commençons par ouvrir des noix de coco au couteau suisse (oui, ca coupe! N’est-ce pas Gion et Melanie ?) et poursuivons avec de la bière et un reste de bresaola que Gion avait ramené de Suisse.

Camping
Mike Horn en devenir
La fine équipe

Nous avions presque oublié les galères du jour, quand un autre bateau (sans lumières ni gilets de sauvetage) débarque dans le noir sur la même plage! Les pauvres avaient dû repartir de leur coin de paradis en raison du vent réputé trop dangereux et avaient l’air épuisés. Nous nous retrouvons donc à 50 (!) au même endroit et là ça commence à être serré. De plus certaines tentes ne disposent pas de matelas pour dormir, mais uniquement d’une sorte de couverture de survie de 1 cm d’épaisseur. Évidemment il n’y a aucune couverture ou sac de couchage non plus… Heureusement que le repas est bon et qu’il y en a assez pour tout le monde. Ça remonte le moral et la soirée devient très agréable, avec des belles discussions autour du feu et avec quelques verres de rhum-coca (on fera abstraction de la musique naze).

Ambiance feu de camp

Après une nuit étonnamment agréable, du moins pour nous deux car nous avions des matelas, réveil à 7h30 pour le petit déjeuner, à nouveau copieux. Prêts pour le deuxième jour, on nous annonce qu’il y a un changement de programme en raison du vent, chose que nous comprenons même si ca fait chier. Certains voyageurs décident néanmoins d’abandonner le tour et de rentrer directement à El Nido. Une embarcation arrive pour les récupérer vers 9h30 alors que nous nous promenons un peu le long de la plage et bronzons un peu au soleil.

Trop longue attente matinale
Le temps pour prendre des photos
Et de se promener

L’endroit est définitivement beau, mais nous sommes là pour découvrir l’archipel et il est déjà tard. De plus il n’y a plus une seule goutte d’eau sur l’île, c’est vraiment du n’importe quoi! Notre bateau n’arrive qu’à 11h (ce n’est pas ce qu’on appelle tour d’un jour par chez nous), mais le pire est qu’il s’arrête trop loin de la plage et qu’en y allant en marchant pas moins de cinq personnes se coupent sur le corail! En demandant le medical kit, le capitaine (qui est d’ailleurs archi nul à conduire son engin), dit qu’il y en a pas… Il y a 27 personnes et aucun kit médical ni au camping ni sur le bateau?! La blague! Heureusement certains avaient des sparadraps pour parer aux plus coupés (povero Gion) sans lesquels les blessés de guerre se seraient vidés de leur sang sur une mer déchaînée. Dégoûtés par l’organisation du tour, nous poursuivons les visites avec quelques grottes visibles uniquement depuis le bateau, avant de rejoindre un endroit avec une file interminable de gens en gilets oranges (on aurait dit des animaux dirigés vers l’abattoir) pour accéder à une grotte. Nous nous contenterons de nager jusqu’à la plage pour nous poser au soleil.

La dernière étape du tour est par contre splendide. Il s’agit de la Snake Island, appelée ainsi car, à marée basse, une bande de sable en forme de serpent relie le continent à l’île. L’eau est à nouveau colorée de différentes nuances de turquoise et un petit point de vue surélevé permet d’avoir un aperçu de l’ensemble.

Le rêve
La réalité
Un petit verre?
Snake island

Bien sûr, il y avait là aussi un truc qui cassait un peu l’ambiance. Cette fois sous forme d’un party-boat avec de la musique à coin (sans parler des filles bourrées qui se roulaient des pelles entre elles pour s’amuser, dans un pays où l’homosexualité est un crime…). Bon, après un dernier spot snorkeling sans intérêt, il est l’heure de rentrer à El Nido, ce qui n’est pas plus mal, car nous en avons tous assez (tous les 27, pas que nous 8) de ce cirque! Une fois sur terre, nous allons à l’agence avec Charline et Alex pour gueuler un bon coup donner notre avis et leur dire à quel point c’est inconscient de leur part d’offrir des tours pareil! Le ton un poil plus élevé de Melanie nous donnera finalement droit à une bière offerte le soir, un remboursement, même partiel, du tour étant exclu. Nous espérant de tout cœur (soyons naïfs) qu’il y aura un changement, surtout côté sécurité, car sans medical kit, sans assez d’eau et avec des gilets de sauvetage pourris (la liste est encore longue mais on abrège) il n’est qu’une question de temps avant qu’il arrive quelque chose de plus grave qu’une coupure profonde au pied (même si elle fait mal)!

Notre cher turquoise

Vous l’aurez compris, ce qui devait être le highlight de Palawan se sera transformé en cauchemar. Les paysages de l’archipel sont à couper le souffle, mais il y a tellement de monde que cela perd tout son charme. Nous avons passé plus de temps à nous énerver (pas bien) qu’à profiter de l’excursion, c’est dire! N’allez donc pas perdre votre temps à cet endroit, à moins de prendre un tour privé hors de prix qui part de bonne heure, sans quoi vous l’aurez dans le c**!

Notre embarcation à 27 personnes

Heureusement que la compagnie était bonne (ça nous a sauvé) et nous aurons pu dire au revoir aux Charlex’s et à Vale &nTiz autour d’un bon burger et quelques bières.

Mais ce n’est pas fini les amis! (Si, si encore une galère !) Le lendemain nous avions prévu de prendre le ferry pour rejoindre Coron Island, au nord. Nous arrivons donc à l’embarcadère munis de nos billets et avec nos sacs à 7h, quand une rumeur commence à circuler que tous les trajets sont annulés en raison du vent au large… Chose qui se confirmera après avoir demandé des précisions au seul pseudo responsable de communication sur place (et c’était déjà le cas la veille apparemment mais on a pu acheter nos billets sans soucis…) Super, donc? « Faut revenir demain matin ». Ouais, pas sûr de vouloir prendre le risque en perdant un jour entier à attendre. Une fois vérifiées les liaisons aériennes, nous déchantons vite et devons changer nos programmes. À la place d’aller à Coron pour faire un baptême de plongée et du snorkeling, nous enchaînerons 5h de mini-bus pour revenir à Puerto Princesa et prendre un avion pour Manila en fin d’après-midi!

Ciao!

Quand ça ne va pas, ça ne va pas… Au moins on nous a remboursé les deux ferry (aussi celui de Coron à Manille) et l’hébergement. C’est donc avec un goût amer que nous disons « Bye bye El Nido. Et à plus jamais ! ».

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2 Comments

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  1. C’était un plaisir aussi, amigos. J’ai quand même bien ri en relisant tout ça!

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